Bonnegueule partenaire officiel du trimaran SVR-Lazartigue : rencontre avec Tom Laperche, skipper Ultim

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© Bonnegueule
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© Bonnegueule

Pour la première fois de son histoire, Bonnegueule s'associe à un projet de course au large : le trimaran SVR-Lazartigue, l'un des plus beaux bateaux de la classe Ultim. Un partenariat né à l'occasion de la Transat Café L'Or 2025, qui se prolonge aujourd'hui vers la Route du Rhum 2027. Rencontre exclusive avec Tom Laperche, son skipper.

Pourquoi Bonnegueule devient équipementier officiel du trimaran SVR-Lazartigue

C'est une première dans l'histoire de Bonnegueule : jamais nous n'avions associé notre marque à un projet sportif. Lorsque les équipes du trimaran SVR-Lazartigue nous ont proposé ce partenariat, nous n'avons pas hésité longtemps.

D'abord parce qu'il s'agit, selon nous, du plus beau trimaran de la classe Ultim : cette catégorie reine de la course au large, celle des géants des mers qui s'élancent notamment sur la Route du Rhum. Un symbole d'excellence, et la preuve que performance et esthétisme ne sont pas incompatibles. Ce genre d'équilibre, ça nous parle.

Mais aussi pour les valeurs portées par les skippers et par le groupe KRESK, ainsi que ses marques SVR, Lazartigue et le fonds de dotation KRESK4OCEANS : résilience, quête de performance, esprit d'équipe et respect de l'environnement. Des valeurs que Bonnegueule partage profondément, dans le choix des matières, dans la durabilité des pièces, dans notre rapport exigeant à la fabrication.

Plus qu'un partenariat sportif, c'est une rencontre naturelle entre deux univers exigeants, portés par une ambition commune : prouver que technicité et esthétisme peuvent avancer ensemble.

Pour soutenir l'équipe, nous avons logotypé plusieurs pièces issues de notre vestiaire actuel, sans production spécifique, dans une démarche éco-responsable, cohérente avec les engagements de KRESK4OCEANS pour la protection des océans.

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© Mathis Dumas

L'interview de Tom Laperche, skipper du trimaran SVR-Lazartigue

Bonnegueule : Tom, est-ce que tu peux commencer par te présenter ?

Tom : Je suis Tom Laperche, skipper du trimaran SVR-Lazartigue. Aujourd’hui, on est à Concarneau, à deux semaines du départ de la Transat Café L'Or. C’est une étape importante de notre saison, et notre grand objectif de l’année, la course des 24H Ultim, et l’année prochaine la Route du Rhum, avec ce grand trimaran que nous développons depuis plusieurs années.

J’ai 28 ans et je suis originaire de Bretagne, près du golfe du Morbihan, vers la Baie de Quiberon, La Trinité-sur-Mer.

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© Bonnegueule

"C’est entre mes 20 et 25 ans que j’ai vraiment appris à repousser mes limites, à gérer le manque de sommeil, la compétition, la fatigue."

Bonnegueule : Comment on devient skipper d’un trimaran comme celui-ci ?

Tom : J’ai commencé la voile à Trinité-sur-Mer, vers 7 et 8 ans. Au début, tu fais des entraînements, tu navigues avec ton petit Optimist, et tu ressens vite cette responsabilité d’avoir ton bateau, et cette liberté de pouvoir aller où tu veux. C’est passionnant d’être au contact de la mer, du vent, de la nature.

Les premières compétitions, les premières régates, ce sont des sorties en journée, tu passes une après-midi sur l’eau. Puis les bateaux grandissent, les formats changent. En voile, il y a deux grandes voies :

  • celle de l’Olympisme, avec des régates courtes où tu rentres dormir à terre le soir,
  • et celle de la course au large, qui m’a toujours attiré : passer la nuit en mer, aller plus loin, chercher l’aventure, avec un engagement personnel plus profond.

C’est la voie que j’ai choisi. J’ai commencé jeune, vers 15-18 ans, au début sur des courses en équipage, puis en solitaire sur la Solitaire du Figaro. C’est entre mes 20 et 25 ans que j’ai vraiment appris à repousser mes limites, à gérer le manque de sommeil, la compétition, la fatigue.

Et depuis, je passe énormément de temps en mer. Actuellement, je passe un bon quart de l’année en mer.

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“En mer, on dort par tranches de vingt minutes"

Bonnegueule : Justement, comment ça se passe, le sommeil ? Tu dors quand tu peux ?

Tom : Exactement. En course, tout dépend du format.

Quand on est en équipage, on se relaie toutes les deux ou trois heures, et c’est un peu plus facile de s’endormir, entouré de gens en qui on a confiance. 

En double, comme ce sera le cas avec Franck (Cammas) en 2025, on fonctionne un peu comme deux solitaires : chacun son tour, selon les conditions.

Et la vraie gestion du sommeil, c’est en solitaire. 

Sur ces grands bateaux, l’adrénaline est constante. Il faut anticiper les manœuvres, être toujours un cran en avance. Dès que tu as un moment propice pour dormir, il faut réussir à le prendre. 

Sur 24 heures, on essaie de dormir environ 5 à 7 heures, mais par petites siestes de 20 à 30 minutes. On peut enchaîner des siestes, mais il faut rester alerte, regarder ce qu’il se passe autour du bateau, si le vent a bougé.

Ce qui est assez stimulant sur cet exercice, c’est que tu redécouvres des choses en toi : même en dormant, tu sens si le bateau accélère ou si le vent tourne, ces sensations sont décuplées et qui nous parlent.

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© Bonnegueule

Bonnegueule : Et côté hygiène ou vêtements, comment ça se passe ?

Tom : (rires) C’est plus “lingette” que “douche chaude sous pression”. Parfois, on fait avec un peu d’eau douce, parfois quelques litres pour se nettoyer, mais c’est tout. C’est aussi ça la mer, partir en bateau en voile : tu apprends à vivre avec des ressources limitées — l’eau, l’énergie, la nourriture. Et c’est super d’apprendre à gérer ça : ton énergie, ton eau, ta nourriture.

On désalinise l’eau de mer avec une petite pompe, donc on a ce qu’il faut pour boire, mais pas pour se laver souvent.

Il faut aussi se dire qu’en mer, à part notre transpiration, c’est hyper propre : l’air ne peut pas être plus pur, il n’y a pas de pollution, donc finalement, ça va.

Bonnegueule : Et pour manger ? Tu as des aliments préférées que tu aimes emporter ?

Tom : Oui, alors je suis très fan de chocolat, j’en mange une plaquette par jour… j’exagère, tous les 2 jours. Pour le reste, c’est beaucoup de lyophilisé — des plats en poudre qu’on réhydrate avec de l’eau chaude.

Ce n’est pas de la grande gastronomie, mais ça a beaucoup progressé ces 20 dernières années ! L’avantage est que c’est léger et pratique. On a aussi des plats en sauce prêts à l’emploi, qu’il faut juste réchauffer. Ce qui manque le plus, c’est le frais : fruits, légumes… on n’a pas de frigo. On en embarque un peu pour les trois premiers jours, mais c’est tout. À l’arrivée, ce sont toujours les fruits frais qui manquent le plus.

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homme assis dans une bibliothèque
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Bonnegueule : Qu’est-ce qui te manque le plus quand tu es en mer ?


Tom : Bien sûr, la famille, les proches. Mais on s’organise pour ne pas manquer de grand-chose. Pour moi, partir quelques dizaines de jours, c’est une parenthèse. Tu sors du cadre de la vie quotidienne sur Terre. On adore ça, mais on a aussi hâte de revenir. La vie à terre est belle aussi.


Bonnegueule :
Et quand tu n’es pas en mer, à quoi ressemblent tes journées ? En quoi consiste ton travail ?

Tom : Il y a plusieurs volets :

  • des journées de course ou en entraînement sportif sur l’eau,
  • des journées techniques, pour développer le bateau, tester du matériel, travail avec des experts.

Chaque année, il y a aussi au moins 3 mois de chantier : le bateau est entièrement démonté et inspecté. Je participe à ces phases, en lien avec le bureau d’études, pour apporter des idées et faire évoluer le bateau, améliorer nos performances, développer de nouvelles pièces. C’est un gros travail d’équipe et de priorisation, comme en mer : savoir où mettre son énergie, ce qui fera vraiment progresser le bateau.

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Bonnegueule : Dernière question un peu différente : ton rapport aux vêtements ? Sois honnête !

Tom : (sourire) Je ne suis pas un passionné de mode, mais j’aime les vêtements techniques. Que ce soit en mer ou à la montagne, j’aime ce qui est pratique : respirant, léger, souple. J’adore les produits en laine mérinos par exemple, c’est top niveau confort et performance.

Bonnegueule : On connaît bien, on en a fait beaucoup chez Bonnegueule, c’est une matière qu’on utilise beaucoup.

Tom : Oui, c’est vraiment efficace : pas d’odeur, respirant, agréable. Pour le côté mode, je suis un peu moins calé… mais ma femme m’aide (rires).

Bonnegueule : Merci beaucoup Tom !

On te souhaite le meilleur pour la Transat Café L'Or et la suite du projet SVR-Lazartigue.

Tom : Merci à vous ! Et passez nous voir quand vous êtes à Concarneau !

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